LE MOT D'AVANT-MATCH AUX PARTENAIRES : LA DATA AU SERVICE DU RUGBY

Avant chaque match à domicile, découvrez l'interview d'un membre du staff sportif professionnel, pour un mot d'avant-match spécialement dédié aux partenaires. Pour ce troisième match à domicile, le FCG vous emmène du côté de la data et son usage dans le rugby. Rencontre avec Clément Turrel, Data Analyst au sein du club. 

1) Un "Data analyst" fait partie des métiers de l’ombre du rugby. Peux-tu nous expliquer en quoi consiste ce métier ?

Je suis data analyst (sport scientist) et je fais partie du pôle préparation physique de l’effectif professionnel. Mon rôle est de collecter différentes données physiques sur les joueurs au quotidien, qu’il s’agisse des joueurs aptes ou de ceux en phase de réathlétisationJ’ai notamment pour mission de séquencer les différentes phases pendant l’entraînement, puis de collecter et d’analyser les données une fois la séance terminée. Cela me permet de produire des rapports visuels à destination de Romain (Guérin, ndlr), mon responsable de la performance, et de faire des retours précis aux coachs. J’effectue le même processus lors des matchs. Tout cela permet d’assurer un suivi à long terme de chaque joueur et de chaque poste, notamment en matière de charge physique à l’entraînement et en match. L’objectif est de préparer au mieux les joueurs pour les échéances à venir.

2) Quels types de données recenses-tu et analyses-tu au quotidien ? De quelles manières ?

J’ai différentes missions au quotidien. Ma tâche principale concerne l’utilisation des GPS que tous les joueurs portent individuellement lors de chaque séance d’entraînement. Nous recueillons de nombreuses données physiques : la distance totale parcourue, la distance courue, les distances parcourues à haute intensité, la vitesse, les accélérations et décélérations, etc. Ces données sont analysées en direct lors des entraînements et des matchs, puis collectées et traitées après les séances afin de créer des rapports visuels et d’assurer un suivi à long terme. Nous recueillons également les données de pesée chaque semaine, ainsi que des informations sur l’état de forme des joueurs grâce à un questionnaire. Lors de certaines séances de musculation, nous réalisons également des tests de vitesse, de force et de saut. Toutes ces données — vitesse en km/h, puissance, hauteur de saut en centimètres, etc. — sont collectées à chaque fois. Je m’occupe donc de réaliser et de mettre en place ces tests, afin de faire des retours directs aux joueurs, mais aussi de collecter ces données sur le long terme pour suivre leur progression, comme c’est le cas avec les données GPS.

3) On a le sentiment que ton métier fait partie des « nouveaux » métiers du sport. Quel regard portes-tu sur l’usage de la data dans le rugby moderne ?

Il est vrai que l’utilisation de toutes ces données s’est énormément développée ces dernières années. Cela s’explique notamment par l’attention de plus en plus importante portée à la santé et à la préparation physique des joueurs. L’objectif est que le joueur soit préparé au mieux à vivre et performer lors du match. L’usage de la data dans le rugby moderne a pris une place essentielle dans le suivi des performances physiques des joueurs. Il existe des centaines de données différentes qui peuvent être exploitées. Mon rôle est justement de les collecter, mais surtout d’être capable de les filtrer pour ne pas saturer les coachs et les joueurs avec trop d’informations.Il faut réussir à faire le tri entre les données qui sont importantes pour nous et celles auxquelles les joueurs ont accès. La data occupe donc depuis quelques années une place de plus en plus importante dans le rugby, mais, comme je le disais précédemment, il faut savoir l’utiliser à bon escient pour être le plus efficace possible.

4) Sur ce début de saison, y a-t-il des données sur lesquelles le staff et toi portez particulièrement votre attention ?

Pour chaque entraînement, nous avons des cibles prédéfinies à atteindre selon les postes. De manière générale, nous portons particulièrement notre attention sur les distances parcourues, les distances à haute vitesse ainsi que le nombre d’accélérations réalisées. L’objectif principal est de proposer aux joueurs des entraînements dont l’intensité physique est supérieure à celle qu’ils rencontreront en match, afin de les préparer au mieux et de leur permettre de performer le jour J.